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Article 2: Lawsuit against Dominique Saint-Hilaire by Rael

PostPosted: 04 Oct 2010
by Raelian DOTCOM
Elle ne croit plus au père Raël, le gourou l’attaque en justice

30 000 euros demandés à une enseignante bordelaise pour diffamation.

Il lui avait promis «du bonheur, le droit à la vie éternelle». Dominique Saint-Hilaire, 53 ans, y croyait. Et pendant des années, elle a adhéré au mouvement des «raéliens guidés par le prophète» Claude Vorilhon, alias Raël. Depuis, elle a déchanté. Et se trouvait hier devant le tribunal de grande instance de Bordeaux, assignée en diffamation par son ex-gourou, lequel n’a pas apprécié qu’elle mette en doute la probité de la secte dont elle s’était détachée deux ans plus tôt.

La rencontre de Dominique Saint-Hilaire avec les raéliens date de 1987. A cette époque, cette enseignante en anglais, en poste à la Guadeloupe, est «en souffrance». Divorcée, elle se retrouve seule à élever ses trois enfants, dont un handicapé. Les raéliens lui apportent du «soulagement». Pas seulement moral. La secte pratique aussi le soulagement financier. Dominique crache au bassinet. «1 000 euros par an en moyenne.» Cela dépendait. Ça pouvait être plus ou moins. «On donnait ce qu’on voulait.»

«Foi». Pendant treize ans, Dominique ne rechigne pas à mettre la main à la poche, comme les 10 000 adhérents que compte la secte. Peu importe, «quand on a la foi». L’intervention des extraterrestres que revendique Raël ? «Pourquoi pas ? C’est pas ridicule», dit l’ex-raélienne, qui était en recherche de «quête spirituelle». C’est plutôt «la liberté sexuelle» qu’elle rencontre. Pas de regrets. «J’étais célibataire.» Et puis Dominique Saint-Hilaire n’est pas malheureuse. Au sein des raéliens, elle a pris du galon. Elle est assistant-guide au niveau 3. Elle s’exprime bien, est pédagogue. Et elle parle anglais. En clair, elle est chargée de diffuser la bonne parole dans les Antilles anglo-saxonnes. Un poste sur mesure.

C’est lorsqu’elle rentre à Bordeaux, en 1997, que les choses se compliquent. La secte devient pressante. «Il fallait aller dans les rues piétonnes, faire du porte-à-porte.» Et récolter l’argent qui va notamment entretenir l’écurie de voitures de course du prophète. Arrive le clonage de la brebis Dolly, qui donne des idées à Raël. «Il a annoncé qu’il créait une société avec une boîte aux lettres aux Bahamas. J’ai compris son jeu. Tout ça, c’était bidon.» Dominique Saint-Hilaire ouvre les yeux. Le message du gourou, du style «vous êtes la crème des crèmes, la conscience de l’humanité», ne fait plus d’effet. «C’était ridicule.»

A l’été 2000, elle quitte les raéliens. En octobre 2002, une télévision canadienne vient l’interviewer sur le prophète et la secte. Elle parle de ce qui était «une escroquerie», du «fisc qui est après lui». Elle est même «tentée de dire qu’il manipule». Deux mois plus tard, l’interview se retrouve sur un forum Internet. Le témoignage de Dominique Saint-Hilaire, l’un des rares d’ex-adeptes de la secte, n’est pas du goût du prophète, qui l’assigne en diffamation et lui demande 30 000 euros pour préjudice moral.

«Vaste bouffon». Plus d’une heure durant, Daniel Picotin, avocat de l’ex-raélienne, a mis les projecteurs sur le prophète, expliquant que sa cliente s’était fait «berner», croyant entrer dans «un mouvement spirituel», qui en fait n’est qu’une «entreprise de gestion». Vorilhon ? «Un gourou, passé maître dans l’art de la manipulation», qui fait des «coups médiatiques», un «vaste bouffon qui fait des dessins de science-fiction des années 50». Les problèmes de fisc ? Bien réels selon Daniel Picotin, en référence au rapport parlementaire de juin 1999 qui a étudié la situation financière de la secte et fait état «d’absence de déclarations d’activités lucratives, de distribution occulte de revenus et d’état de créances non recouvrées par la comptabilité publique». Dominique Saint-Hilaire, elle, répète qu’elle témoigne à visage découvert pour «semer le doute» chez les membres de la secte. Sans se faire d’illusions. Délibéré au 16 mars.




Goinère Colette